Université Boxov: L’exposition, troisième partie

Affiche titre: L'exposition, troisième partieEn photographie, l’exposition est la notion primaire pour le contrôle de la lumière. Véritable notion parapluie, l’exposition englobe plusieurs facteurs différents qui, au final, influenceront la qualité de la photo. Nous allons faire la lumière (HA!) sur le sujet dans cette série de tutoriels.

Dans cette troisième et avant dernière partie, nous allons discuter de cette mademoiselle qu’est la sensibilité ISO.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à mentionner ceci: le sujet de la sensibilité ISO est vraiment très technique. Je vais tenter d’y aller d’une bonne vulgarisation, mais si vous désirez vous abreuver de lectures plus technico-précises, vous trouverez une série de liens à la fin de cet article pour vous désaltérer le cerveau.

L’ISO. Ça marche comment?

Simple. Plus l’ISO est élevé, plus le film/le capteur sera sensible à la lumière. Dans le monde de la pellicule photographique, les ISO les plus courants étaient/sont: 50, 64, 100, 160, 200, 320, 400, 800, 1600, 3200. Avec la photographie numérique, ces chiffres ont modérément changé, avec la sensibilité minimale oscillant souvent entre 100 et 200 et la sensibilité maximale pouvant atteindre 25600 et parfois plus!

La sensibilité dans le monde de la photographie traditionnelle

En photographie traditionnelle, l’ISO signifie la sensibilité qu’aura la pellicule. Celle-ci n’a donc qu’une seule sensibilité, qui s’appliquera tout au long de son usage. Il y a, bien sûr, quelques petites tricheries possibles afin de jouer avec la sensibilité d’un film, mais ceci sort de l’étendue de cet article.

Le photographe à film partait donc avec une armée de pellicules dans la sensibilité appropriée pour le sujet, les conditions et le rendu voulu.

En photographie traditionnelle, le prix à payer pour l’augmentation de la sensibilité à la lumière était le grain. Ainsi, plus le film était sensible, plus celui-ci était granuleux (les particules photosensibles étant plus grandes pour recevoir plus facilement la lumière). Des avancées récentes ont permis de réduire sensiblement la taille du grain dans les émulsions à grande sensibilité. Ainsi, alors que le grain d’un film à ISO 400 des années 70 était très marqué et généralement peu désirable, nous avons maintenant des pellicules couleur à ISO 400 avec un grain quasi-invisible à l’oeil nu. Vive la technologie moderne.

Pour l’amateur du grain, il existe encore certaines émulsions photographiques avec un rendu contrasté et granuleux. Un des grands de cette catégorie est, selon moi, le Kodak Tri-X 400. Pellicule noir et blanc classique (elle existe depuis les années 50!), le Tri-X 400 offre un rendu profond, intense, avec un grain tout simplement délicieux.

La sensibilité dans un monde numérique

Dans l’univers de la photographie numérique, on représente la sensibilité en ISO également. Mais là où, en photographie traditionnelle, il fallait généralement changer de film pour changer la sensibilité ISO, en photographie numérique, le tout se fait par un simple réglage dans l’appareil photo.

Là où, en photographie traditionnelle, le fait d’augmenter la sensibilité ISO équivalait également à une augmentation du grain visible, en numérique, l’augmentation de l’ISO équivaut à une augmentation du bruit visible et à une potentielle perte de détail. Ceci s’explique par le fait que, pour augmenter la sensibilité à la lumière d’un capteur numérique, on augmente le gain sur celui-ci. Si on sursimplifie, on peut affirmer que le capteur numérique est un peu comme un amplificateur de chaîne stéréo. Pour augmenter le volume d’une pièce musicale, il suffit de monter le volume. Afin effectuer cette tâche, on augmente le gain et on amplifie le signal, ce qui causera, à haut volume, l’arrivée de bruit et de distortion. Le même principe s’applique avec le capteur photographique.

La tâche du capteur est de recevoir des photons. En augmentant la sensibilité du capteur, on augmente sa capacité à recevoir les photons en amplifiant son signal de sortie. Mais qui dit amplification de signal dit également apparition de bruit. Voilà.

(Fait intéressant: le capteur photographique, aussi appelé capteur numérique, est en fait un composant analogique. Son signal de sortie est en fait une onde électrique, qui sera convertie en onde numérique avant de poursuivre le traitement. Intéressant, non?)

 

Utiliser intelligemment l’ISO

Il existe certaines règles de base, permettant de déterminer grossièrement quel ISO sera nécessaire pour quel type de scène. Cette échelle, aucunement exhaustive, pourra servir d’aide-mémoire au besoin.

ISO 50 à ISO 200: Journée ensoleillée, soleil présent. Pour une journée à la plage, en plein été, on priorisera un ISO faible, comme 50 ou 100. S’il y a quelques nuages, on préfèrera le 200. Aussi, si on se promène pendant une journée ensoleillée en hiver, on choisira un ISO faible également. La neige, c’est réfléchissant.

ISO 400: L’ISO «couteau suisse». Si on doit choisir un film rapidement mais qu’on ne sait pas quelles seront les conditions d’éclairage, on se trompe rarement avec un ISO 400. Celui-ci est parfait pour les journées plus maussades (comme les journées de novembre!), les scènes intérieures moyennement éclairées. Il dépanne bien.

ISO 800 à ISO 1600: On arrive ici dans le domaine de la sensibilité élevée. Dépendant du médium employé (pellicule ou numérique, type de capteur, etc), on commencera ici à remarquer la présence de grain ou de bruit numérique. Par chance, beaucoup d’appareils photo récents performent très bien à ISO 800. On choisira ces sensibilités pour des scènes intérieures sombres, pour la photographie de rue le soir, ce genre de choses.

ISO 3200 et plus: Bonjour la sensibilité. On se tournera vers ce groupe de sensibilités lorsque la lumière est très rare. Photographie de rue la nuit, intérieurs très sombres, concerts d’indie-rock, etc. À noter, il existe de superbes films noir et blanc à ISO 3200, tels que le Ilford Delta 3200 ou le Kodak TMax 3200.

 

Voilà donc qui termine la troisième partie de cette série sur l’exposition. Dans la partie finale, nous allons mettre tout ensemble, pour faire un joli mijoté d’exposition. À bas les problèmes de luminosité dans vos photographies! Pouvoir! Joie!

Pour étancher votre soif de connaissances techniques sur l’ISO, pointez votre navigateur sur les liens suivants:

Voir: L’article de Wikipédia en anglais sur la sensibilité photographique (malheureusement, l’article francophone n’est que très peu instructif)

Voir aussi: Article anglophone de Wikipédia sur la granularité des émulsions photosensibles

Voir également: Article très intéressant de la part du site français Les Numériques au sujet de la sensibilité ISO

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2 réflexions au sujet de « Université Boxov: L’exposition, troisième partie »

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