Hommage à un grand disparu

«Untitled» par Michael S. Yamashita pour National Geographic

Il y a de cela un an (décembre 2010), la dernière bobine de film Kodachrome fut développée dans les laboratoires de Dwayne’s Photo Service dans la ville de Parsons au Kansas. Ce petit billet se veut un hommage, une ode à ce grand disparu.

D’abord mis en vente pour le cinéma dans les années 1930, il conquit le coeur des photographes dès l’année suivante. Véritable porte étendard de la photographie du 20ième siècle, il s’est éteint peu de  temps après que le procédé argentique eût tendit le flambeau à la photographie numérique. Ils sont morts ensemble, dans les bras l’un de l’autre, au grand désarroi de plusieurs.

Qu’a t-il de si extraordinaire ce film pour que je pleure sur mon clavier et que j’ai soudainement envie de lire Roméo et Juliette (je pourrais aussi écouter le film avec Léonardo DiCaprio, la bande sonore est assez mémorable)?

Il fut le film couleur le plus utilisé dans l’histoire de la photographie, point. Les plus grands photographes au monde ont réalisé des chefs-d’oeuvre sur celui-ci. Grâce à son rendu si particulier, il s’est rapidement distingué des autres et s’est fait adopter par les plus grands (et les plus petits aussi) photojournalistes. Des images «Kodachromiennes» ont fait le tour du monde via la couverture du magazine National Geographic. Il est simplement délicieux pour les yeux.

Pourquoi?

En gros, il est conçu un peu comme s’il sagissait de 3 films noir et blancs superposés. Chacun d’entre eux réagissant à une couleur de base différente:

Synthèse Soustractive

le Magenta,

le Cyan et

le Jaune.

 

 

 

 

Ce procédé de prise de vue se nomme la «synthèse soustractive». Pour que l’image apparaisse sur la bande de film, elle devait être traité chimiquement  3 fois, une fois par couche, donc par couleur. Les couleurs éclatantes de Kodachrome prenaient alors vie, quittant le monde ténébreux de la noirceur.

Le Kodachrome fait partie de la catégorie des films inversibles, c’est-à-dire que l’image obtenue sur la pellicule sera identique à la réalité. Les couleurs ne seront pas inversées comme sur un film de type «négatif». On peut donc dire qu’il s’agit d’un film positif!

à Gauche: Négatif 35mm. À Droite: Diapo Kodachrome

 

 

 

 

 

Habituellement, le procédé chimique pour développement de film diapo, se nomme le procédé E-6. Pour réussir à bien développer les 3 couches de film présentes dans le Kodachrome, les gens de Kodak ont mis sur pied un procédé extrêmement difficile à orchestrer, baptisé le procédé K-14. Nécessitant une panoplie de produits et d’ingrédients chimiques, il fut, et est encore aujourd’hui, pratiquement impossible à reproduire pour le commun des mortels. Les autres procédés de développement comme le C-41 et le E-6 sont assez simples à réaliser pour quelqu’un qui possède des connaissances en chimie. (Il est même possible de développer du film noir et blanc avec du café et de la vitamine C, alors…)

Le Kodachrome est aussi une légende parce qu’il en reste encore beaucoup en circulation. Et ce, malgré le fait que personne ne soit capable de le développer…

Quelques savants fous de l’internet donnent des recettes complexes pour y parvenir mais personne ne réussit à reproduire avec fidélité la qualité d’imagerie qu’offrait le film Kodachrome et le procédé K-14. Il est cependant possible d’obtenir de belles images noir et blanc et bidouillant un peu les chimies, boxov est en train de le tester pour vous (galerie à venir 🙂 )

Ce fut un exposé bien bref pour un aussi grand produit. Je vous invite à vous renseigner et à faire des recherches sur ce fabuleux film. Vous y apprendrez beaucoup sur l’histoire de la photographie «moderne» et sur le merveilleux monde de la couleur.

Suivra, dans quelques instants, une galerie d’images célèbres prises sur quel film vous pensez?

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A propos danybuteau

Dany Buteau, aka danybuteau Éducateur spécialisé de formation, passionné de la photographie, il trouve son bonheur au travers de projets personnels de type D.I.Y. Que ce soit en numérique ou sur pellicule, avec lui tout est sujet à être photographié. Danydémontre un grand intérêt pour la photographie noir et blanc et les nuages en général. Avec Boxov il souhaite faire profiter ses connaissances et ses expériences avec d'autres photographes, tant professionnels qu'amateurs. Pour lui la photo est synonyme de plaisir et de partage.

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